samedi 31 juillet 2010

Les joies, les galères, tout ça.

LA COLOMBIE A DELHI.
Hier avec Cécile on est allées à un concert d'un groupe colombien, la 33 (la trenta y tres), donné à l'occasion des 200 ans d'indépendance de la Colombie. C'était vraiment super, c'était tellement surréel d'écouter un concert de salsa à Delhi et d'être là pour fêter la Colombie ! On y a retrouvé des amis, dont le colombien qui nous avait invité, sur place on a rencontré d'autres gens, des français, des espagnols et des colombiens et on est sortis tous ensemble alors que 5 minutes avant on ne se connaissait même pas ! C'est un peu ça que j'attends de mon année aussi, des soirées improbables, des rencontres internationales... Et puis le contact était facile, c'est plaisant. On était juste contents d'être là... Et moi un peu fatiguée ce matin car évidemment avec Cécile on avait cours... Pour ne pas avoir cours, bien sûr, cours annulé, prof malade, trop de pluie... C'est toujours le bazar à l'université, on n'y comprend rien.

Le groupe, et en bas de la scène vous pouvez voir tous les danseurs de salsa.

LES GALÈRES A L'APPART
On a notre appart avec Cécile, certes, mais ça ne signifie pas que les galères sont finies. L'appart en engendre de nouvelles ! En vrac : Le canapé qui ne passe pas dans l'escalier de l'immeuble, la clim qui casse, les fourmis, les fuites d'eau du plafond dues à la mousson, les coupures d'électricité (mais Dieu merci on a un générateur ce qui fait que l'électricité n'est jamais totalement coupée), les "blackout", les plombs qui sautent, l'eau qui ne marche plus, les sacs poubelle introuvables, l'isolation au niveau des fenêtres si terrible que la pluie y passe et qu'on craint le pire quand l'hiver sera là... Bref, tout ça quoi. Mais j'essaye de me dire qu'on est là seulement pour un an, un an où il faut savoir un peu se détacher de notre petit confort matériel, hein !

PREMIER VOYAGE A L'HORIZON
En revenant de nos non-cours tout à l'heure on a réservé pour notre premier voyage hors Delhi ! 117Rs (moins de 2€), 4h30 de voyage, pour aller 250km plus au nord à Haridwar, ville sainte de l'hindouisme, d'où le Gange émerge de l'Himalaya. On part mardi après-midi et on revient vendredi soir... Prochain article sûrement pour vous poster quelques photos !

jeudi 29 juillet 2010

Inhibition.

Je ne veux pas en faire un article spécial car ça serait pathétique, et je veux pas vraiment vous inspirer de la pitié. Je me demande si ça a vraiment quelque chose à faire ici mais je crois que ça fait partie de mon année à l'étranger, c'est un risque que j'ai pris en partant si loin, j'en étais consciente, j'en avais même parlé avec ma famille. Mon grand-père est mort avant-hier matin. Ce qu'il y a de très bizarre c'est de se sentir complètement déconnectée de la tristesse ambiante qu'il doit y avoir là bas, au Cottaz, à presque l'autre bout de la planète. Ici mon quotidien n'a pas changé, je n'ai personne pour être triste avec moi, personne avec qui partager cette perte, c'est étrange, alors que là bas tout le monde est rassemblé pour ça. Parce que Papoun est mort. Evidemment la question de rentrer en France s'est posée. Ou pas vraiment en fait car j'en avais déjà parlé avec Maman avant de partir qui m'avait répondu d'un non catégorique en disant que ça ne changerait rien et que Papoun ne l'aurait sûrement pas voulu. Je me pose quand même la question quand j'ai l'impression de ne servir à rien ici... Tout en sachant que je ne rentrerai pas... Mais j'aimerais vraiment être avec ma famille. Vraiment.

Un petit bout, mais VRAIMENT petit, portant une cargaison aussi grosse que lui. J'aurais du prendre la photo de sorte de voir son visage mais je n'ai pas osé. Malgré la tristesse de la scène, il y avait aussi un côté trop craquant de ce petit mec pieds nus se frayant un chemin sur le trottoir avec son gros sac sur la tête...

Un peu de verdure à Saint Stephen's College. On se croirait vraiment pas en Inde là.

J'ai écrit ce qui suit il y a quelques jours, je ne l'ai pas posté à cause de tout ça... Je le fais maintenant.

Aujourd'hui j'ai décidé de parler de quelque chose que je n'ai pas encore abordé ici : les relations hommes/femmes. Autant comment je les perçois entre indiens que comment je perçois moi ici, mes contacts avec les hommes.
Déjà, les femmes sont très peu visibles. Dans la rue il n'y a presque essentiellement que des hommes. Les femmes sont reléguées à la sphère privée. Quand j'ai interrogé un indien sur le fait qu'on ne voyait vraiment pas beaucoup de femmes dans la rue, il m'a répondu qu'elles étaient pour la plupart des "housewifes". Leur rôle public est donc minimisé mais j'ai pourtant l'impression paradoxale que dans la sphère privée elles sont très importantes, qu'elles sont plutôt écoutées et indispensables et qu'elles ne restent pas sans cesse en retrait. Lors de nos visites d'appartement on a rencontré beaucoup de femmes qui prenaient les choses en main. De même, la maman de notre proprio semble être une forte tête dont l'avis compte et se respecte. C'est peut-être un peu hypocrite comme façon de faire : Éloigner les femmes à la sphère publique tout en ayant conscience de leur importance en privé.
Ici donc, si vous êtes une femme en compagnie d'un homme, n'espérez pas qu'on vous adresse la parole, on s'adressera uniquement à l'homme. Avec Cécile on était deux filles, lors des négociations pour les appartements les propriétaires et les property dealers étaient bien obligés de parler affaire avec nous, des femmes, du coup on n'a pas vraiment ressenti cette mise à l'écart.
Aussi, on entend beaucoup parler du regard que les hommes indiens posent sur les femmes occidentales. J'en parle particulièrement aujourd'hui car j'ai rencontré hier un français et sa soeur avec qui j'ai passé la soirée, et elle nous racontait que pour elle le regard des hommes étaient vraiment pesants et qu'elle les sentait plein d'allusions sexuelles, qu'elle avait l'impression qu'on ne la regardait jamais dans les yeux mais toujours au niveau de la poitrine, etc. Ça m'a forcément amené à me questionner sur la façon dont je ressens tout ça, les regards des hommes dans la rue. C'est étrange mais je ne ressens absolument pas cette gène. Peut-être est-ce parce que je n'y prête pas attention... J'essaye de marcher vite, d'avoir l'air de savoir où je vais, je ne provoque personne en les regardant dans les yeux et surtout je ne montre pas mes jambes et évite un maximum les décolletés et les t-shirts qui montrent les épaules. Bien sûr je sens qu'on me regarde mais je ressens plus de la curiosité qu'un truc malsain du mec qui te reluque plein de concupiscence, te déshabille du regard ou je ne sais quoi. Et pourtant ici c'est un quartier vraiment exclusivement indien où je n'ai pas encore croisé un seul blanc ! Peut-être que le plus important c'est d'abandonner un peu ses critères d'occidentales outrées de recevoir tant de regard et chercher un peu à se fondre autant que possible dans le paysage. J'ai acheté une jupe ici, très longue, forcément, et le mec du magasin en bas de l'appartement m'a dit un truc genre "ah, tu t'habilles à la mode d'ici !" Ca m'a fait plutôt plaisir qu'on remarque que je n'essaye pas d'être provocante et que je n'impose rien de mon mode de vie d'occidentale...
Je crois que j'ai très mal expliqué mes ressentis dans ce dernier paragraphe, je vais réfléchir à de nouveaux mots pour expliquer tout ça.
Une autre chose : je deviens trop prude, mais bon peut-être que je fais exprès un peu, et je suis outrée dés que je vois une fille avec une jupe un peu courte ! Mais bon c'est peut-être un peu de la jalousie, j'aimerais tellement pouvoir sortir en short/jupe et débardeur ! D'ailleurs je crois que bientôt je vais tenter de sortir en débardeur. On verra ce qui va se passer... (Bon évidemment pour cela j'éviterai de choisir le jour où je devrai traverser la ville toute seule.)

lundi 26 juillet 2010

Il faisait beau à Delhi aujourd'hui !...

Et ça change tellement la ville, toute grise et d'un coup un peu de soleil et toutes les couleurs apparaissent !

samedi 24 juillet 2010

Ce que tout le monde attend..... La première journée de cours ! Mais je vais faire des déçus !

Aujourd'hui donc, si vous avez bien suivi, c'était ma première journée de cours. Euh, enfin faudrait peut-être que je revienne sur cette appellation « journée de cours » et que j'en trouve une autre, vous allez voir. J'étais donc censée avoir mes trois cours d'une heure, à 9h35, 11h25 et 12h20 (ouais les horaires sont aussi bizarres qu'à Sciences Po, même plus). Ce matin levée très tôt (8h30 !), Cécile avait préparé les petits toasts beurrés, miam, je sens que grâce à elle je vais perdre ma mauvaise habitude de faire l'impasse sur le petit déjeuner ! A 9h15 on était dans un rickshaw, à 9h30 à l'université. Le cours (Reading Gandhi) débute à l'heure (on ne le savais pas encore mais c'est un fait plutôt exceptionnel), on est une petite vingtaine et le prof nous explique pendant 25 minutes ce que ça veut dire « Reading Gandhi », genre ah on va lire des textes de Gandhi, ah oui ça se voit pas trop avec cet intitulé non ?... Puis nous donnes 4 noms de bouquin, et s'en va ! Plutôt rapide pour un premier cours !! Comme on n'avait pas le numéro de la salle de notre second cours, on va le demander au bureau vers 11h20 et là on apprend que.... il n'y a pas cours ! Cours annulé, fermé, inexistant, on ne sait pas trop mais on est ravies de l'apprendre 5 minutes avant le début supposé du cours, quoi. Tant pis, on attend à la bibliothèque (où on fait marcher nos méninges en faisant un petit bac, et ça sera d'ailleurs le seul moment de réflexion qu'on aura dans la journée) puis à 12h20 on va dans la salle où on doit avoir notre troisième cours mais... Il y a bien une classe, mais qui n'est pas du tout là pour suivre ce cours. OKAY ! Là ça commence à devenir une drôle de blague quand même. Mais les gens de cette classe nous disent qu'ils ont bien ce cours, mais l'heure d'après, salle 22. Ok, pas de problème on peut attendre une heure de plus, on n'est plus à ça près ! A 13h30 donc on se pointe salle 22, on attend, on attend... Et personne n'arrive. Un peu excédées on descend au bureau où on apprend que le cours est annulé, le prof ne vient pas. Fin de notre journée de cours. Bilan : 25minutes de cours et 3h30 d'attente. Voilà voilà, gros échec pour cette première journée de cours ! C'est assez énervant mais d'un autre côté je me dis que ça promet de ne pas être trop intensif du coup, vu la facilité avec laquelle les cours n'ont pas lieu ou la façon dont ils sont expédiés, et ça me plait ! Mais bon, le problème c'est que j'ai acheté un beau bureau à 1300Roupies (=22,5€) ainsi qu'une belle chaise pour l'accompagner à 600Rs (10€) alors bon, si j'ai même pas de travail à faire dessus... Cécile m'a dit tout à l'heure « bon toute façon c'était tellement nul aujourd'hui, ça peut pas être pire les autres jours ». Je pense qu'elle a raison, ça fait au moins un point positif !

vendredi 23 juillet 2010

J'ai chaud à la bouche !

Avec tout ce qui s'est passé jusqu'à présent j'aurais plutôt tendance à l'avoir oublié mais non, je suis bel et bien là avant tout pour une année d'ETUDES, dans "one of the best colleges in the country", comme me disent beaucoup de mes interlocuteurs (sans vouloir me la péter) ! Après être revenues 15 000 fois à l'université pour 15 000 papiers différents, il y a eu mardi la pré-rentrée, qui était en fait le discours d'intégration pour les freshers, c'est à dire les premières années. Bon c'était un peu le même blabla qu'à Sciences Po : Vous êtes dans une excellente université, on attend de vous rigueur, maturité et réflexion, ça va être dur, blablabla... La rentrée officielle était mercredi et c'est donc tout naturellement que nous avons choisi nos cours seulement mardi, le jour de la pré-rentrée... On a appris que les cours s'échelonnaient du lundi au samedi donc là on a commencé à flipper puisqu'il est juste hors de question d'être coincées à Delhi tous les jours de la semaine d'autant que parfois il y a UNE SEULE heure de cours dans la journée ! A force de discuter et d'insister on est parvenues à avoir trois cours (qu'on n'a malheureusement pas choisi, un prof nous a bidouillé ça pour qu'on est le plus de jours de libres possible, ce qui fait qu'on va suivre exactement les mêmes cours Cécile et moi... heureusement qu'ils ont quand même l'air super intéressant !) étalés sur le lundi, le mardi et le samedi ce qui laisse mardi aprem, mercredi, jeudi et vendredi pour voyager + le dimanche. Je vous l'accorde c'est pas super idéal comme emploi du temps mais c'est le mieux qu'on a réussi à avoir ! Pour un cours il y a parfois jusqu'à 5 heures de classes, et comme c'est à chaque fois une heure par une heure, je vous laisse imaginer le bordel que c'est... Nous on n'a pas de cours qui excèdent les 2 heures de classe. Voilà donc mes cours :
- Reading Gandhi
- Citizenship in a globalising world
- Democracy and governance in India
En tout cela fait pour l'instant 6heures de cours dans la semaine, il faut ajouter les heures de tutorials (on ne sait pas trop ce que c'est) mais ça ne devrait pas excéder les 10-12h de cours, ça va !
Premier cours demain à 9h35, je vous en dirai plus. Je suis curieuse, mais simplement curieuse. Genre j'aimerais bien découvrir les cours en Inde pendant 1 ou 2 semaines et qu'ensuite ça soit à nouveau les vacances.

Une petite virée dans le sud (le sud est très résidentiel et avec la plupart des bâtiments administratifs) ce matin (FRRO + Consulat), voici quelques photos !

Dans l'autorickshaw. Dans le rétro de gauche : Cécile, au milieu notre chauffeur et à droit c'est moi !

C'est très très vert, ça surprend beaucoup quand on vient de North Delhi.

Et en rentrant chez nous, une ribandelle d'écolières !

mercredi 21 juillet 2010

Le propriétaire.

Notre propriétaire mérite à lui tout seul un article. C'est effectivement un personnage plutôt intéressant et pas mal présent dans ma vie en ce moment (voire même un peu trop ?). Le jour où on a visité l'appartement le propriétaire n'était pas là et on était tellement blasées de toutes ces désillusions avec des proprios qui font les capricieux au moment de la discussion pour signer le bail qu'on a demandé à lui parler au téléphone. Seulement... Le property dealer nous a dit que c'était impossible puisqu'il ne parlait pas anglais ! Du coup là dans mon esprit j'ai immédiatement eu l'image d'un vieux grand-père indien. On l'a rencontré le lendemain matin pour la signature du bail et en fait c'est un jeune d'une petite quarantaine d'années, plutôt « beau-gosse », limite même un peu fashion ! Il a l'air d'avoir une vie plutôt agréable puisque ce jour là il était en tenue de sport, genre il revenait du tennis ou un truc comme ça ! Et à mon avis faire du sport ici c'est plutôt un luxe. Effectivement il ne parle pas anglais, il baragouine quelques phrases mais par contre il se débrouille impeccablement pour les chiffres, comme par hasard ! Par la suite on l'a pas mal revu puisqu'il est venu avec son servant faire quelques travaux dans l'appartement. On laisse souvent la porte ouverte quand on sait qu'il doit passer mais qu'on doit s'absenter ce qui fait que quand on revient on a souvent des surprises ! Le deuxième jour il nous avait installé tout un arsenal complet pour la salle de bain : petite tablette pour les shampoings, un porte-savon, un porte brosses à dent plus, attention exceptionnel : un truc pour tenir les rouleaux de papier-toilette, ce qui franchement est une attention délicate quand on sait que dans ce pays les gens qui en utilise sont très très rares (il y a à côté de tous les toilettes un mini robinet avec une sorte de mini arrosoir avec lequel les indiens s'arrosent les fesses). Par la suite il nous a fixé la télé sur un espèce de rebord à télé... dans ma chambre (grr, on la voulait dans le salon, on va devoir la virer !) puis nous a montré le résultat fièrement en nous disant qu'il nous laissait également le lecteur dvd et les dvds qui trainaient. Puis il nous a acheté des draps avec des motifs tellement « jeunes » (genre des poids rouges pour un) qu'on pense qu'il les a sûrement acheté avec attention en pensant particulièrement à nous... Il nous a également installé un ventilateur dans la salle de bain (ce qui est plutôt bienvenu puisqu'avec toutes ces fenêtres ça faisait un peu sauna !), nous en a mis également un dans la cuisine... Il a également installé un nouveau fan (les hélices au plafond) dans ma chambre pour mettre l'ancien dans l'entrée. Ensuite un autre jour en débarrassant les affaires de la petite chambre il est tombé sur quatre tasses rigolotes avec des animaux dessus qui bougent à l'aide de ressorts (un truc qu'on trouve à mon avis dans toutes les maisons anglaises où ils boivent beaucoup de thé) et il est venu nous les fourrer sous le nez, tout fier, en nous baragouinant en anglais qu'il nous les offrait ! Car oui il ne parle pas anglais alors ses interventions sont toujours assez étranges. Il passe devant nous, fait les choses, ordonne des trucs à son servant sans qu'on sache vraiment ce à quoi on doit s'attendre... Encore aujourd'hui on a eu le droit à une surprise : il est venu encore débarrasser des trucs dans l'appartement (maintenant je crois qu'il ne reste plus rien !) et en même temps il nous a apporté des fruits ! Trop gentil et puis les fruits ici sont tellement tellement bons, on n'arrête pas d'en manger avec Cécile ! Je n'étais pas à l'appartement à ce moment là mais Cécile m'a raconté qu'il lui a expliqué comment marchait le ventilo dans la salle de bain et qu'à un moment une espèce de grosse bête volante jaune toute moche qui m'avait d'ailleurs juste avant délogée des toilettes tellement elle m'avait effrayé a surgi devant elle alors elle a poussé un petit cris et le proprio s'est escrimé pendant 5 minutes à faire sortir la bête de la salle de bain en s'agitant dans tous les sens avec une serviette ! J'imagine la scène, c'est juste à se tordre de rire ! Il a également tenu à nous ouvrir une mangue et en a refilé une moitié à Cécile (j'étais en train de manger une pomme), comme si on ne pouvait pas s'ouvrir nos mangues nous mêmes !

Ça c'est pour les bonnes surprises, les situations plutôt comiques, et il y en a d'autres ! Il y a aussi des choses un peu bizarres : Il nous a déjà demandé trois fois si... « you drink » ? Devant nos airs incrédules il précise de l'alcool alors on répond « no, no, or maybe sometimes... » d'un air un peu gêné (je pense que c'est mieux de la jouer sérieuses !). Il nous a également demandé si on fumait et si on avait des petits copains ! J'ai l'impression en fait que les indiens sont assez directs par rapport à ça car c'est pas la première fois qu'on a le droit à ce genres de questions mais bon, c'est un peu bizarre. Hier soir nous sommes rentrées très tard, vers 3h du matin, et une des portes pour monter à notre appartement était fermée alors le servant a du venir nous ouvrir (un peu gênant comme situation aussi mais ils ont cas laisser ouvert ou nous filer les clés !). Il l'a sûrement dit au proprio qui a demandé à Cécile, quand je n'étais pas là, « disco, disco, disco ? » d'un air un peu excité, traduction : êtes vous allées en discothèque hier soir ? Cécile a répondu que non, qu'on était juste sorties avec des amis et il a voulu savoir s'ils étaient français ou indiens ! Autre chose d'un peu pénible : dés qu'on le voit (soit presque tous les jours) on lui demande pour ma fenêtre et il dit toujours, à l'indienne, « dans deux jours, dans deux jours ! » et comme il nous fait toujours plein de cadeaux on n'ose pas trop insister. Enfin là normalement c'est DEFINITIVEMENT demain matin ou après demain, et il y a plutôt intérêt car c'est après-demain qu'on doit lui donner la deuxième moitié de ce qu'on lui doit et j'ai pas trop envie de le payer sans avoir ce pour quoi j'ai signé ! Un dernier petit truc gênant : j'ai l'impression qu'il veut un peu nous imposer la présence de son servant, alors que franchement sans vouloir être mal-polie ni désagréable, on n'en veut pas ! Tout à l'heure Cécile a demandé où on pouvait vider la poubelle (autre part que dans la rue car oui ici TOUT LE MONDE jette TOUT dans la rue) et notre proprio a répondu « servant, servant »... (Note de quelques jours plus tard : En fait on vient d'apprendre qu'il vidait nos poubelles... Dans la rue ! Comme ça ! Sans sac poubelle ni rien !)

En bref, on le trouve vraiment trop mignon, plein de délicatesse et d'attentions, je pense qu'on a tiré le gros lot niveau proprio ! C'est juste hyper frustrant qu'il ne parle pas anglais. Avec Cécile on pense que dés qu'on sera installé on l'invitera à manger chez nous, lui et les property dealers (ils étaient deux, tous les deux trop sympas et on a rencontré un petit bout de leur famille (le frère et le père, pas les femmes bien sûr) qui était également super sympa.

Pour compléter cet article beaucoup trop long et même un peu chiant, deux petites photos :


Une nouvelle photo de l'appartement pour que vous ayez un meilleur aperçu de sa disposition : au milieu le salon, à gauche entrée, salle de bain + escalier roof top, à droite la cuisine en haut, la chambre de Cécile en bas + une porte à droite avant les escaliers qui donne sur ma chambre.

Et pour finir notre nouvel animal de compagnie dans la salle de bain, qui m'a légèrement dérangé tout à l'heure pendant que je faisais mes besoins ! Mais bon je me plains pas, c'est toujours mieux que des cafards !

Ou comment passer d'un extrême à l'autre.

Ce blog est un défouloir incroyable, je me laisse un peu emporter par mes émotions je crois mais ça fait toujours beaucoup beaucoup de bien d'écrire tout ce qui ne va pas ! Et aujourd'hui justement... ÇA VA IMPECABLEMENT alors je vais l'écrire aussi ! J'ai l'impression qu'en Inde, ou peut-être est-ce parce que je suis à l'autre bout du monde, on peut passer d'un extrême à l'autre niveau émotion en deux secondes ! Une petite liste (pour changer) pour raconter pourquoi si soudainement tout va mieux ? Mais avant je voulais juste dire merci à tous ceux qui m'ont écrit des petits messages (ici ou sur mon mail) trop gentils et très très réconfortants (même si à l'heure où je les lis je n'ai plus besoin de réconfort, aaah quel soulagement !!) ! ALORS :
  • Juste en sortant du cyber café hier soir, après avoir écrit ma note pleine de rancoeur, de tristesse, de raz-le-bol et tout, après avoir eu Maman au téléphone qui m'a dit que mon conseiller pensait que j'avais grillé ma puce en faisait trop de fois le mauvais code et que j'allais devoir attendre je ne sais combien de temps pour avoir une nouvelle carte, bref, après tout ça j'ai décidé d'aller réessayer une nouvelle fois d'aller tirer de l'argent, bun oui, on sait jamais et... CA A MARCHE !!!!! Pour reprendre les mots de Maman "quel con ce conseiller !" car bon, puce pas du tout grillée, je pense en fait qu'il avait pas encore débloqué ma carte, tout simplement. Autant dire que le moral est remonté en flèche !
  • Et donc tout à l'heure on a pu s'acheter UN FRIGO, et plein de trucs à mettre dedans !!!
  • On a également vu notre proprio qui nous a assuré, devant les property dealers que la fenêtre serait faite avant le 24 juillet, soit dans trois jours ET on lui a demandé de l'aide pour avoir internet à la maison car ça faisait des jours qu'on appelait plein de numéro sans que jamais ça ne marche. Il a passé juste un mini coup de fil, deux mecs sont venus bidouiller des trucs à l'appart et HOP, comme ça, en un rien de temps on a eu internet !!! C'est donc de l'appartement, de mon chez moi delhite que je vous écrit cet article !!!!! Depuis on fait un peu les geek avec Cécile mais c'est un déliiice ! Du coup skype, facebook et tout le tralala vont refonctionner à fond, restez connectés mes amis !
  • Et puis dernier point positif : pour ce soir on se prépare un festin... On va commander chez Krishna, Pure Vegetarian Paradise. On a déjà commandé là avant hier soir et autant vous dire que le nom n'est absolument pas mensonger tellement c'est BON ! (D'ailleurs pour ceux qui pensaient que j'allais maigrir en Inde j'aime autant vous dire que c'est plutôt rapé !)

mardi 20 juillet 2010

ENERVEE.

Je vais faire une liste de toutes les choses qui m'enervent, ca va peut-etre m'apaiser un peu. J'ai les nerfs en pelotte, j'arrete pas de pleurer, ca devient tellement chiant...
  • Deja j'en ai marre de venir dans ce putain de cyber cafe presque tous les jours parce qu'on n'a pas internet a l'appart. On pourrait prendre un abonnement ici au cyber, genre devenir membres exclusifs mais bon ca serait un peu la decheance quoi...
  • Et pourquoi on n'a pas internet ? Parce que TOUT est complique dans ce pays ! On doit rappeler 15 fois le service internet, attendre qu'il rappelle, envoyer des textos, on loupe leurs appels, ils rappellent deux jours apres... Bref, la merde. Et puis c'est pareil pour tout : a l'universite des qu'on a besoin d'un papier il faut attendre des heures pour s'entendre dire qu'il faut revenir le lendemain, lendemain ou il n'y a toujours rien et ou on attend a nouveau des heures... c'est FATIGUANT.
  • On est toujours en mode camping a l'appart, et encore heureusement qu'on a des lits ! Pas de frigo, pas de sieges, c'est juste parfaitement agreable comme situation, je vous laisse deviner.
  • ET POURQUOI ? Car oui, j'ai recu ma carte bleue samedi pourtant ! J'ai donc tout de suite envoye un message a mon conseille, me doutant bien qu'il allait pas me la debloquer le dimanche, mais au moins le lundi matin ! Et en fait non, lundi toujours impossible de retirer ! Maman appelle, il dit si si c'est debloque mais nouveau code. Quoi, nouveau code alors que ca devait pas changer ?? Bon, soit. Je vais essayer A NOUVEAU, et autant dire en plus que le distributeur n'est pas juste a cote de l'appartement, hein, et ca ne marche toujours pas ! La je commence a me dire que mon cher conseiller se fout legerement de ma gueule ! Maman le rappelle et il dit que j'aurais soit disant grille ma carte car j'ai essaye trop de fois avec l'ancien code. OKAY. Sauf que 1) je vois pas comment ca aurait pu avoir de l'effet etant donne que ma carte n'etait pas debloquee, 2) c'etait sense NE PAS CHANGER DE CODE et 3) j'ai eu aucun avertissement dans les distributeurs indiens. En bref, j'ai juste envie de faire un bref aller-retour en France pour massacrer mon charment conseiller. Maintenant j'en ai encore pour des jours pour obtenir une nouvelle carte et avec Cecile on aimerait bien pouvoir arreter de camper a l'appartement, acheter des meubles, un frigo, manger, sans oublier qu'il faut egalement qu'on paye l'universite et le proprio !
  • D'ailleurs en parlant de proprio voici la derniere chose qui me tape sur les nerfs : LUI ! J'ai ecrit un gentil article sur lui que je voulais poster ce soir mais ma cle usb fonctionne pas sur cet ordi donc tant pis, et puis tant mieux surtout car ce soir j'ai pas du tout envie de poster un gentil article sur lui. J'en ai marre qu'il repousse TOUT LE TEMPS le jour ou il doit faire les travaux pour la fenetre de ma chambre bordel de nouilles !!!!! Demain on doit lui donner la deuxieme moitie de ce qu'on lui doit, je crois que pour lui faire pression on va rien lui donner du tout, et puis au moins on pourra manger cette semaine comme ca.
Voila, j'adore l'Inde, J'ADORE.

lundi 19 juillet 2010

Faste et démesure.

Hier soir vers 17h30 Samuel m'a envoyé un texto en me demandant ce qu'on faisait ce soir avec Cécile. Comme pour l'instant on ne peut pas dire que notre vie sociale soit très très excitante, bien sûr on avait rien de prévu et on a décidé de sortir pour voir un peu de monde, rencontrer des gens et faire une nouvelle expérience quoi, notre première soirée indienne ! Et quelle expérience ce fut !! J'ai réalisé que vraiment l'Inde, sans pouvoir être résumée à « c'est tout ou rien », c'est en tout cas une terre de contrastes sociaux (et je suis sûre qu'il y a plein d'autres sortes de contrastes) assez hallucinants. Avec Cécile on pensait qu'on allait passer la soirée chez un ami de Sam avec plein d'autres jeunes entassés dans une pièce, de la musique, de l'alcool, bref une soirée comme la majorité des jeunes ont l'habitude d'en passer...
On est partis chez notre « hôte » entassés à sept dans une mini voiture (si si, c'est possible), quatre français dont nous deux, un indien, une allemande et un américain. On arrive chez notre hôte indien, déjà quartier ultra chicos, méga baraques, je me dis ok, on va pas chez un pauvre petit étudiant en fait. Et effectivement on a été reçus dans une maison assez hallucinante. Au début on a vu seulement le salon, c'était design épuré, meubles super beaux, décoration de goût... Rien à voir avec tous les intérieurs indiens dans lesquels on été rentrés jusque là, et même en France j'avais jamais vu ça ! On s'installe dans les fauteuils, j'osais à peine m'enfoncer dans le coussin et je m'efforçais de rester bien droite... On fait un peu connaissance avec notre hôte, un indien de 45 ans, toujours célibataire, et qui visiblement aime la compagnie des étrangers parce qu'il leur trouve quelque chose en plus que n'ont pas les indiens... Un peu mégalo, un peu égocentrique, mais bon plutôt sympa, il fait la conversation. On avait pas mangé avec Cécile alors on voit arriver les chips, amené par un servant qui ne devait pas avoir plus de 16 ans, avec très grand plaisir et moi franchement j'avais super faim donc j'en ai mangé beaucoup (bon surtout, j'adore les chips, c'est vrai). On a bu quelques verres d'alcool (vodka-jus de mangue, super bon !) puis sont arrivés des plats entiers de « bouchées » indiennes, un peu comme des amuses-gueules, des trucs trooop bons, au poulet, des végétariens, au pommes de terre... Le tout bien sûr servi par le servant qui faisait le tour des convives attendant que chacun se serve. Là avec Cécile on commençait à se regarder genre putain (pardon à mes parents et mes tantes pour ce vilain mot, aha) mais où on est tombées ?? C'était tellement fou et ça paraissait tellement décalé par rapport à l'Inde dont on avait fait l'expérience jusque là ! On a continué à se goinfrer comme des oies jusqu'à une heure du matin à peu près... Ambiance toujours un peu chic et guindée, on était bien loin de l'ambiance étudiante à laquelle on s'attendait !
Évidemment tout le monde parlait anglais et je me suis dit plus d'une fois que si j'avais su franchement je me serais mise sérieusement à l'anglais dés la 6ème, et même avant, et d'ailleurs s'il y a des petits jeunes qui me lisent (on sait jamais), voici un conseil pour vous : ne négligez pas l'anglais !!!
Bref, on continue à boire et à se régaler (j'avais plus du tout faim mais c'était tellement bon ! C'était la soeur de notre hôte, mariée à un indien qui nous a rejoint qui avait cuisiné) puis vers 1h du matin on voit que le servant et la femme-qui-avait-cuisiné (j'ai oublié son nom mais elle était très sympa et a un talent culinaire incroyable, ça c'est sûr) commencent à ranger les verres, les assiettes et tout donc on se lève avec Cécile, on prend nos sacs en se disant qu'il était déjà un peu tard et qu'on allait sûrement partir... On passe dans la pièce d'à côté, qui en fait était la salle à manger et qu'est-ce qu'on voit sur la table..... Une quantité gargantuesque de nourriture qui nous attendait, encore, genre ce qu'on avait mangé jusque là c'était seulement l'apéritif !!! Encore un sentiment de démesure et de faste... On s'assoit et on est bien obligés de faire honneur à la cuisinière donc on mange, et c'est délicieux, bien sûr.
Moi là je commençais à me sentir assez mal quand même, j'avais super mal au ventre d'autant plus que depuis qu'on a quitté l'appart' de Samuel et Stéphanie on mange pas beaucoup avec Cécile donc là c'était franchement trop de nourriture d'un coup ! A un moment je me lève pour regarder les photos qu'on me montre et je me sens tellement mal, je demande où sont les toilettes et Dieu merci j'y arrive à temps pour... vomir !!! Je sais, j'ai vraiment honte. Et c'était vraiment bizarre, je me rappelle avoir vomis une seule fois dans ma vie, il faut que je demande confirmation à Maman, alors là vomir ça m'a vraiment limite effrayé ! J'avais vraiment trop mangé (et c'était pas parce que j'avais trop bu, pour les mauvaises langues) ! Je retourne à table l'air de rien en me disant que bon, fallait mieux que j'évite de continuer à manger mais... Les desserts arrivent ! Et puis je me dis qu'avoir vomis finalement ça m'avait fait plutôt du bien, je me sentais plus légère ! Et les desserts avaient l'air tellement bon ! Et effectivement ils étaient à se rouler par terre !! Désolée mais c'était limite meilleur que les tiramissu de Maman... J'ai même pu me resservir alors que tout le monde disait non non je peux plus rien avaler, moi j'avais digéré tout ce que j'avais mangé avant, ça allait plutôt bien !
Bon finalement vers 3heures du matin après un dernier café on quitte cette maison magnifique, luxueuse, presque hors du temps, hors de l'Inde en tout cas. On nous ramène en voiture et sur les trottoirs il y avait tout ce monde qui dormait par terre, à même le sol, c'était tellement irréel de sortir de cette superbe maison où il y avait tellement de nourriture que ça en était presque indécent, et être dans cette belle voiture climatisée et retourner à la réalité de l'Inde et ses pauvres qui n'ont même pas de maison où dormir ni même de toit pour se mettre à l'abri ! J'étais presque soufflée que deux extrêmes se côtoient de façon si proche et s'ignorent presque ! Comment ça peut être d'être si riche dans un pays où il y a tant de pauvres et où il est impossible de ne pas les voir, de les éviter ?? Il était tard quand on est rentrées avec Cécile et il fallait qu'on se lève tôt ce matin alors on a échangé très peu d'impressions en se disant qu'on ferait le débriefing aujourd'hui... Je crois que toutes les deux on a été sonnées. Ce qui est sûr c'est que je ne veux pas que mon année en Inde soit comme ça, je ne veux pas avoir accès au luxe, à la richesse et, je sais pas, à la démesure, si facilement sous prétexte que je suis blanche et étrangère et en arriver à ne plus voir l'autre partie de l'Inde...

vendredi 16 juillet 2010

Quelques anecdotes en vrac (2)

Aujourd'hui on est le jeudi 15 juillet, il est presque 21h et tout a changé depuis la dernière fois où j'ai écrit sur cette feuille word ces précédentes anecdotes ! J'ai désormais un appartement, une maison, un refuge dans ce bazar qu'est Delhi... Mais toujours pas internet donc je continue mes petites notes !

Après le taxi, le rickshaw et l'autorickshaw on a testé un autre moyen de transport : le bus ! Là encore, alors qu'on pourrait se dire que bon, le bus c'est le bus hein, rien d'extraordinaire, l'expérience est épique ! D'abord les bus : vieux, plutôt sales, parfois sans fenêtres, et en tout cas sans porte ! Ensuite les arrêts de bus sont assez énormes avec plus ou moins de gens et plus ou moins de bus qui y passent selon l'endroit. Nous c'était à un endroit TRES passant, il y avait donc plein de gens amassés attendant et plein de bus qui passaient, parfois tous en même temps, et parfois même ils n'ont pas envie de s'arrêter donc il faut leur courir après, taper sur le capot et quand ils daignent freiner un peu (n'espérez pas trop qu'ils s'arrêtent, sauf à la limite pour les pauvres occidentales que nous sommes !) il faut sauter dedans – pas de panique la porte est toujours ouverte ! Pour s'y repérer parmi tous ces bus qui passent à l'arrêt de bus il y a, dans chacun d'eux, un espèce de rabatteur assis à un siège qui donne sur une fenêtre et qui crie les lieux clés et la destination du bus super fort et plein plein de fois en tapant sur le capot pour attirer l'attention des gens. Donc cacophonie. Une fois qu'on a repéré le bon bus (là dessus on a pu compter sur la gentillesse des indiens) et qu'on est monté dedans, il faut ensuite trouver une place assise, si on a beaucoup de chance car les bus sont très souvent bondés. Et c'est ensuite qu'on paye : un troisième mec (en plus du chauffeur et du « rabatteur ») vient dans les rangs et demande des sous aux gens qui viennent de monter. Après pour redescendre il y a plutôt intérêt à savoir où se trouve l'arrêt et aussi à ne pas avoir peur de sauter du bus en marche !

Les sieges, dont le confort saute aux yeux.

Le conducteur et bien sur un mini autel dedie a je ne sais quel Dieu - INDISPENSABLE ! Il y en a un dans chaque magasin, aussi petit soit il, meme parfois dans les auto-rickshaw. Il y en avait meme un dans un placard de notre appartement et notre proprio l'a laisse !

Au retour avec Cécile on est montées dans un bus où il y avait pas mal de monde et le mec qui récupère les sous, en nous voyant, nous pauvres femelles venant d'occident, a viré de façon super brusque deux mecs qui étaient assis sur une « banquette » (faut mieux pas avoir les fesses trop fragiles ni être trop gros car elles ne sont pas bien larges et plutôt inconfortables !) pour qu'ils nous laissent la place. Hmm... Plutôt sympa ! Au bout d'un moment on lève le nez et on voit inscrit juste au dessus de notre banquette « handicap » ! OKAY, aha !

Une note rapide sur l'ATTENTE. On m'avait dit avant de venir, olala Joana mais toi qui est si impatiente, comment vas tu faire en Inde où tout va super lentement et où il faut toujours attendre ? Bon et bien effectivement, je dois prendre sur moi, mais je trouve que j'ai vachement progressé ! Tout vient à point à qui sait attendre, je l'ai constaté pour l'appartement : on a un plutôt chouette truc (encore crade puisqu'on a lavé seulement la salle de bain pour l'instant et dont l'eau est capricieuse, et encore sans fenêtre dans ma chambre mais IT'S GONNA BE COOL, je le sens !) car on a su attendre et ne pas se précipiter sur le premier truc potable qu'on trouvait... Mais donc, pardon de m'égarer, je disais que l'attente fait partie de l'organisation du temps indien, qui est différente de l'appréhension du temps qu'on a en France. Que ce soit pour signer des papiers, attendre une clé pour visiter un appartement, négocier avec un propriétaire, attendre des renseignements dans la rue (car si la personne ne sait pas elle demande aux 5 personnes environnantes de donner leur avis), il faut TOUJOURS attendre ! Si vous avez rendez-vous à 13h, pas de panique si vous arrivez à 13h30, c'est normal, et même votre rendez-vous ne sera sûrement pas encore arrivé, ou alors s'il est arrivé avant vous, ne vous ayant pas vu il est sûrement parti faire un autre truc en attendant et sera de retour à 14h. Pour visiter les appartements c'est assez flagrant : on doit attendre déjà que le property dealer arrive, ensuite qu'il appelle ses contacts, ce qui peut prendre très longtemps, d'autant plus qu'on ne nous explique rien, on nous dit juste d'attendre. Ensuite il faut attendre qu'on lui apporte la clé, et là encore c'est le flou total : il faut deviner qu'on attend la clé de l'appartement car on nous dit juste « five minutes, five minutes » (ne pas se fier à ce « five », il se transforme rapidement en 1 heure (sans exagérer !)). Et pendant ce temps les indiens qui attendent également restent paisibles, il attendent patiemment. Si on attend dans un magasin on a toujours le droit à un verre d'eau ou un soda et souvent toute la famille ou les amis (ils sont toujours des centaines dans leurs minuscules boutiques) sont là et participent à rendre l'attente un peu moins longue (pour l'indien car pour nous la conversation en hindi nous aide peu). Mais on s'habitue, on finit presque par trouver ça normal. Il ne faut surtout pas être pressé. Ce qui est chiant, juste, c'est que 1) on ne nous dit jamais ce qui se passe, pourquoi exactement précisément on attend, il faut simplement attendre, et 2) on nous dit tout le temps five minutes, five minutes, mais ça s'éternise et ça peut facilement durer des heures (et je n'exagère pas !!).

Demain c'est l'épreuve du FRRO (le bureau des immigrations) et il paraît aussi que c'est quelque chose : il faut attendre des heures dans la chaleur et avec plein de monde pour enfin accéder à un bureau où on nous dit la plupart du temps qu'il faut revenir le lendemain car soit ça va fermer, soit le papier qu'on a ne convient pas... Mais c'est un passage obligé, un peu un rite de passage même !

Quelques anecdotes en vrac (1)

09/07/2010, vers 19h30
Guest house, Hotel New City Palace, Chandni Chowk, Delhi

Pas de connexion internet à la guest house – Hotel New City Palace, PAS DU TOUT un palace – donc je tape quelques anecdotes sur mon traitement de texte et je publierai bientôt dans un cyber café. Ce sont quelques anecdotes qui m'ont marquées et c'est vrai que ça contribue pas trop à donner une bonne impression de l'Inde, mais bizarrement se sont elles que je retiens le plus. Notre guest house est dans le quartier Chandni Chowk, le quartier musulman et notre chambre donne sur la Jamia Masjid, la plus grande mosquée d'Inde. On est donc allées la visiter. Et... En fait il est encore question de sous dans cette anecdote, peut-être parce qu'on a l'impression avec Cécile de se faire un peu avoir parfois quand même. Donc on arrive à l'entrée de la mosquée et là un petit mec nous dit en montrant nos appareils photos « two hundred, two hundred ! » (ce qui fait 3€10 à peu près) donc bon, juste pour le principe on dit non et il nous amène à un petit panneau qui confirme ses dires... Soit. On décide de payer pour un seul appareil photo, je range le mien dans mon sac. Après avoir fait le tour de la mosquée (je vous mets des photos (celles de Cecile, donc) car quand même ça vaut le détour, c'est ultra beau !) on décide de monter tout en haut du minaret. La il faut payer 100 roupies chacune donc bon, on paye, normal. Normalement il faut être accompagnée par un homme pour monter mais personne ne nous dit rien. Et c'est vrai que les escaliers sont rudes, et c'est très haut. J'ai un peu galéré avec ma diarrhée d'ailleurs... Enfin je vous passe les détails. On avait nos chaussures dans nos mains puisqu'on était dans une mosquée et avant d'entamer l'ascension ultime un mec caché dans un coin, on aurait même dit qu'il dormait là, nous a réclamé 20 roupies chacune pour qu'il garde nos chaussures... Bon là on trouvait ça bizarre, on peut les garder nos chaussures quoi, donc on les a fourré dans nos sacs et on a entamé l'ascension. Après être descendue du minaret je suis allée aux toilettes en bas des marches menant à la mosquée et deux dames à l'entrée m'ont réclamé 5 roupies pour que je puisse entrer... Et à côté à l'entrée pour homme je voyais tout le monde entrer gratuitement, et le pire c'est que j'avais même pas 5 roupies puisque comme j'ai perdu ma carte bleue c'est Cécile qui me paye tout pour l'instant ! Donc je commence à faire un mini scandale en demandant pourquoi tout le monde rentre gratuitement tandis que moi je dois payer, j'étais presque sûre que c'était parce que je suis blanche ! Puis les mecs de l'autre côté me faisaient signe de rentrer sans payer, donc j'y suis allée et les dames n'ont pas plus insisté que ça. A tous les coups elles n'étaient engagées par personne, elles avaient juste décrété qu'elles allaient soutirer de l'argent à de pauvres touristes... Le truc c'est que je ne suis justement pas là en tant que touriste, donc ça me fait un peu mal au coeur de me faire tout le temps arnaquer, même s'il faut relativiser vu le montant des sommes...

En bonus cadeau me voici avec la super tenue destinee aux occidentales qui bien sur ont toujours des habits INDECENTS !

Deuxième anecdote, où il est toujours question de sous... Cécile avait besoin de faire des photos d'identité pour le contrat pour l'appartement, on se rend donc dans une espèce de mini boutique sur le bord d'une route du campus en demandant au mec de faire des photos. On voit que pour 4 photos c'est 20 roupies, on lui demande donc ça. Et lui il dit non non 70 roupies. Donc on regarde sur son tableau et pour 70 roupies c'était 8 photos... On insiste, il insiste aussi en nous disant que pour 20 roupies c'est pas possible aujourd'hui, on demande pourquoi et il dit « tomorrow » donc on dit ok, tomorrow, on reviendra et là tout d'un coup il dit non non c'est bon, allez-y, je rigolais !... Ok, donc le mec il voulait vraiment nous arnaquer en pensant qu'on allait pas pouvoir revenir demain et qu'on allait être forcées d'accepter ses photos pour 70 roupies ! Et quand on lui a dit qu'on pourrait revenir demain ça l'a cassé net et il nous a fait ses photos pour 20 roupies sans discuter ! On n'en revenait pas.

Une dernière chose... Le METRO de Delhi ! On l'a expérimenté pour la première fois il y a quelques jours. En apparence c'est un havre d'ordre, de discipline et de calme. Les entrées sont maginifiquement moderne, un peu comme les entrées du métro à la Défense ou sur les Champs Elysées, qu'importe qu'elles soient situées dans un quartier bordélique et désorganisé. Le contraste est donc des plus saisissants ! Et à l'intérieur c'est immense, les couloirs sont grands, il y a de la place à revendre. Chose très étrange : il faut à chaque fois passer un contrôle sécurité avec d'abord un portique, ensuite une dame qui nous fait « bip bip » sur le corps avec un espèce de sonde, et ensuite on doit mettre nos sacs sur un tapis roulant qui passe dans un scanner, comme à l'aéroport ! Sécurité EXTREME ! Jusqu'aux escalators donc sécurité et ordre, tout va bien puis dans les escalators tout commence à se gâter : tout le monde s'entasse, entre les mecs qui se collent à toi et les femmes qui flippent pour monter et descendre du truc... Et ensuite à l'entrée des wagons c'est la FOLIE FURIEUSE ! Tout le monde se bouscule pour entrer et pour sortir, ils ont l'air d'être ultra stressés et d'avoir une peur folle de manquer le métro mais personne n'accepte de bouger d'un poil pour laisser passer quelqu'un donc tout le monde s'énerve, pousse et tout... C'est assez surprenant. Et quand ils veulent sortir ils se préparent 2 minutes avant l'arrivée du wagon en station alors que le wagon est plein et que bouger à l'intérieur est assez impossible sans bousculer tout le monde...

jeudi 15 juillet 2010

Tout vient a point a qui sait attendre !

Je suis dans un cyber cafe, une fois de plus, et j'ai sans doute l'ordinateur le plus pourri de tout le cafe. Au lieu d'etre dans la salle en haut je suis sur un ordi dans le bureau minuscule du bas et il y a environ une petite dizaine d'hommes a l'interieur (alors que ca doit faire 10mcarre!) qui parlent super fort et qui arretent pas de taper dans ma chaise... Mais je reste zen (il faut dans ce pays!) pour vous donner quelques (bonnes !) nouvelles. Car il y en a ! En effet ca y est, j'ai un CHEZ MOI INDIEN ! Quel plaisir, quel soulagement ! Je sais ca fait cul cul de dire ca mais c'est un tel bonheur d'etre CHEZ SOI apres avoir squattee chez des presques inconnus puis d'etre restee une semaine dans une guest house minable !
Avec Cecile nous avons visite cet appartement avant hier. En fait on a fait deux visites : une premiere en se disant non categoriquement car clairement cet appart n'a pas du tout les criteres qu'on recherchait (fenetres dans toutes les pieces, deux chambres a peu pres egales) tout en se disant que c'etait dommage parce que quand meme il nous plaisait bien. Puis apres quelques autres visites d'appart on a decide de retourner le visiter en reflechissant davantage a comment l'amenager pour qu'il soit viable et... on a decide de le prendre ! On a rencontre le proprio le lendemain matin puis emmenage le soir, soit hier soir.
Alors comment il est ce super appart' ? Ce qui nous a plu c'est qu'il fait plutot moderne jeune et contemporain, d'autant plus par contraste a cote de tout ce qu'on a visite ici : quand c'est vieux c'est aussi sal et quand c'est neuf c'est ultra kitsh. Les bons points sont une immense salle de bain avec un mur entier de fenetres opaques, une petite cuisine en hauteur qui donne sur le salon et l'acces au toit terrasse qui donne directement dans notre appart ! En plus, on a pu negocier avec le proprio pour qu'il demure la fenetre de ma chambre (sans ca c'etait hors de question pour moi de signer), ce qui sera fait dans quelques jours. Un dernier bon point : quartier super indien typique et tout, pas du tout loin des rues commercantes modernes avec les marques occidentales et tout pres de l'universite !
Pour plus de details je vous invite vivement a venir le visiter vous-meme, aha !
Je mettrai des photos bientot, peut-etre a une autre visite dans ce genial cyber cafe !

Edit le 16 juillet : LES PHOTOS !

Notre entree avec la porte d'entree a gauche, la salle de bain en face et l'escalier menant au toit a gauche.

Dans le salon petit escalier pour acceder a la cuisine et a la petite chambre de Cecile.

Ma chambre, l'air cooler (la clim) ultra moche mais bien utile et la fenetre a imaginer juste au dessus...

Notre grande et lumineuse salle de bain.

Le roof top !

Cecile et moi sur le toit le soir de notre emmenagement !

J'ai oublie de prendre une photo du salon, oups...

samedi 10 juillet 2010

Quelques rapides nouvelles.

Salut, juste une petite note d'un cyber cafe pour donner des nouvelles. Ca devient un peu complique car je suis desormais dans une guest house - grave pourrie d'ailleurs, on commence a peter un cable ! - sans internet puisqu'on a quitte l'appartement de Sam et Stephanie. Je fais un peu pression sur Cecile pour qu'on aille dans un hotel un peu luxueux, ca serait pas du luxe justement, et ca nous permettrait d'etre un peu plus tranquilles... Malheureusement elle n'a pas l'air de vouloir flancher... On etait avec une allemande sur la piste d'un super appartement tout pres de l'universite mais on n'a pas trop compris pourquoi... il nous passe sous le nez ! Une histoire de taxes du gouvernement a cause du mari qui est a l'armee, bref, un peu complique, du coup bien forcees de laisser tomber mais avec beaucoup de deception. Ca nous met un peu le moral a zero car on doit recommencer les recherches, ce qui est super chiant et fatiguant, d'autant plus qu'on n'a pas une super Jocelyne pour nous aider pour les visites (speciale dedicasse !). Mais je garde espoir, meme si cette situation commence serieusement a me taper sur les nerfs, surtout quand je vois comment c'est facile pour d'autres exiles, genre Borane a Perth en Australie (speciale dedicasse bis) ! D'autant plus qu'on a la dead line du FRRO (service des immigres) auquel on doit aller s'enregistrer avant le 16 et pour lequel on a besoin d'une "local adress" ! En attendant de pouvoir vous poster de vrais articles avec anecdotes et photos je prends des notes sur mon ordinateur, je posterai tout ca des que je peux ! Continuez a m'envoyer plein de messages, ca me fait chaud au coeur, serieux, meme si franchement ici pour avoir chaud il y a deja tout ce qu'il faut - ahaha, very funny !.....

mercredi 7 juillet 2010

De l'art de trouver un appartement.

Je pensais que ça allait être relativement facile mais faut se rendre à l'évidence, la recherche d'appartement n'a rien de simple, même si je sais très bien que je vais finir par trouver quelque chose... (en tout cas je croise les doigts)
Déjà, la méthode à suivre est celle-ci : Trouver un quartier sympa et se balader dans les rues. Il y a des bureaux de property dealers partout donc c'est pas trop difficile à trouver. Ils sont minuscules, genre deux mètres carré et souvent ils sont plusieurs à travailler là, par exemple un réparateur de téléphones portables et le property dealer. Mais encore faut-il qu'ils soient là, qu'ils viennent quand on les appelle, qu'ils ne disent pas qu'ils arrivent "right now" et ne viennent jamais et qu'ils acceptent de s'occuper de nous. Ensuite le mec passe plein plein de coups de téléphone et on se fait trimbaler partout dans le quartier. La nouvelle que des étudiants cherchent un logement doit circuler assez vite parce que pendant les visites ils reçoivent des coups de téléphone et ils ont toujours un nouvel appartement à nous faire visiter. A tel point qu'au bout d'un moment il faut savoir dire stop ! On peut également passer par les sites de petites annonces pour rencontrer directement les gens qui ont une chambre libre dans une colocation mais hélas, ça ne pullule pas.
Pour l'instant on a visité deux sortes d'appartements :
  • des appartements où il y avait déjà des personnes mais ça ne correspondait pas à nos critères d'occidentaux (certes, on est difficiles en plus) : genre deux pièces à partager à quatre, pas de véritable espace à soi, des appartement très sombres et pas très propres puisque forcément étudiants indiens et étudiants français n'ont pas du tout les mêmes pouvoirs d'achat. Les indiens qui y vivent sont sympas mais je me vois pas vraiment habiter dans leur appart.
  • des appartements vides et non meublés, certains plutôt pas mal même si souvent mal agencés (la plupart c'est des pièces en enfilade ce qui fait que pour une colocation c'est pas vraiment le top) mais là où ça cloche c'est qu'on ne connait personne pour les partager avec nous.
Du coup on a posté une annonce sur un site + harcelé de messages des personnes qui avaient posté une annonce sur le site en disant qu'ils cherchaient une colocation. On espère que ça va nous faire rencontrer des gens et qu'on pourra ensuite avec eux visiter des appartements et en TROUVER UN.

mardi 6 juillet 2010

Pas de parapluie mais est-ce que ça serait utile ?

On s'est encore pris la mousson ce matin, charmante balade où on a fini les pieds pataugeant dans la boue trempées complètement jusqu'aux os de la tête aux pieds + nos sacs et leur contenu, dont l'original de nos lettres d'admission à Shri Ram College ! Le rickshaw-wallah (= chauffeur de rickshaw) qui nous a conduit à un moment semblait hystérique à cause de la pluie : il criait des trucs, riait aux éclats, levait les mains vers le ciel et criait quelque chose, roulait dans les flaques et riait des éclaboussures...! Après on est allées au McDo (oui oui je sais ça craint, mais c'est la première fois ! Hier midi on est allées dans le premier petit restau (ou devrais-je dire "boui-boui" ??) qu'on a trouvé) et avec la climatisation on se GELAIT ! Il y avait plein d'eau par terre tellement tout le monde dégoulinait et du coup il y avait des panneaux qui disaient "attention, sol glissant". Puis quand on est parties forcément nos chaises étaient trempées, donc une des dames-McDo les a essuyé avant que d'autres gens s'assoient. Juste des petits détails amusants...
Voici quelques photos !

Un aperçu d'une rue du campus (tout est en train d'être refait car les jeux du Commonwealth commencent bientôt). On ne voit pas bien mais il y avait d'énormes flaques monstrueuses et boueuses puisqu'autant dire que les rues de Delhi ne sont VRAIMENT pas équipées pour les pluies alors que bon, pourtant la mousson c'est tous les ans !

Cécile et moi, complètement trempées et dégoulinantes de partout. On s'était abritées un moment sous un abris bus où il y avait plein d'indiens.

L'abris bus et les indiens. J'ai eu le droit à un beau sourire du monsieur du milieu aha.


Une flaque (photo prise par Cécile)

lundi 5 juillet 2010

How much? - कितना?

L'argent ici pose de vrais problèmes. C'est peut-être parce qu'on est blanches et donc supposées riches, mais c'est aussi parce qu'aucun prix n'est affiché et fixe donc il faut tout demander et négocier, c'est une vraie plaie. Il faut également recompter minutieusement chaque roupies de la monnaie qu'on nous rend quand on achète quelque chose, on a déjà essayé de "m'arnaquer" deux fois. Pour couronner le tout avec ces problèmes d'argent ultra relou, j'ai perdu mon porte-monnaie ce matin avec ma carte bancaire, des sous et ma puce de téléphone indienne. Cet après-midi il a encore été question de sous puisqu'on a visité des appartements et qu'il faut toujours parler du prix et négocier sans vergogne, le prix de la location comme la commission pour le property dealer (=agent immobilier). Plus un petit accrochage en fin de journée avec notre property dealer qui nous a réclamé des sous pour nous avoir trimballé sur son scooter alors que bon, un agent immobilier ça se paye APRES avoir conclu un accord pour un appart, avec la commission ! Donc après que Samuel qu'on avait appelé pour savoir si ça se faisait ou pas nous ait dit non, on lui a affirmé avec plus de conviction qu'on lui donnerait juste sa commission si on choisit un de ses appartements et pas d'autres sommes et il a dit "ok ok, I don't force you, it's juste if you want..." donc je pense qu'il essayait de nous avoir un peu. J'aimerais bien que tout soit plus simple. J'ai hâte d'être installée et de passer aux choses fun. Quand même une chose un peu cool aujourd'hui : on a donc visité les appartements à proximité du campus et pour relier les différents lieux on a pris le scooter du property dealer sur lequel on montait A TROIS et SANS CASQUE !

La MONSOON est là !

Un aperçu de la rue. Photo prise en rickshaw !

Une journée qui passe à 100 à l'heure mais qui après coup paraît longue, longue, longue tellement ils s'est passé des choses, tellement tout est nouveau, presque éprouvant, et à la fois merveilleux et fascinant ! Il est minuit, on a décollé de l'appartement vers 13h et on est rentrées il y a une demi heure. Oui, on a un rythme plutôt décalé... J'ai du mal à ordonner mes idées, je ne sais pas trop par où commencer.

D'abord grosse déception à Connaught Place. C'est censé être LE centre de Delhi, la place centrale très touristique avec beaucoup de magasins et d'activités. Bon, effectivement il y a BEAUCOUP d'activité. Beaucoup de monde, des voitures dans tous les sens, plein de piétons sous les arcades, des chiens, des mendiants, beaucoup de magasins. Et puis surtout plein plein plein de travaux parce qu'ils refont la rue ou je ne sais quoi donc la chaussée est détruite de partout et on marche dans la boue ou sur des espèces de planches branlantes... Rien d'agréable, donc. En plus ce n'est pas du tout la même ambiance qu'à North Delhi : on nous aborde toutes les cinq minutes pour nous "aider", nous proposer un rickshaw, nous demander des sous... Alors qu'ici à North Delhi c'est limite si on ne s'occupe pas de nous, c'est quand même plus agréable. En gros pour moi Connaught Place est ma première déception.

MAIS, tout s'est arrangé rapidement. On a vite retrouvé Gaël, le mec rencontré à l'aéroport à Paris qui nous a amené dans le quartier de son hôtel à Main Bazar. Changement d'ambiance complet : le quartier est très simple, pas extrêmement pauvre mais simple, je ne trouve pas d'autre mots... En tout cas on voit quand même que c'est moins riche que là où on est en ce moment. La rue est en terre, il y a plein de petites échoppes minuscules, genre 2m², des vaches, des chiens, etc etc. Et surtout plein de blancs vu que c'est le quartier routard !!! Alors qu'ici à North Delhi on n'en a pas croisé un seul ! On est allé boire un verre sur le toit d'un hôtel du coup on avait vu sur tous les toits avoisinants c'était plutôt sympa. En plus à cette heure-ci, juste avant que le soleil ne se couche il y a plein de cerf-volants lancés du haut des toits dans le ciel de Delhi. On les avait déjà admiré hier soir. Samuel en a un, on testera sûrement !

Roof top.

Après ça on a joué à se perdre dans les rues de Main Bazar et au fil de la balade on a atterri dans des rues carrément pauvres. J'ai l'impression que là les gens vivent sur le perron de leur "maison", il y a beaucoup de monde dans les rues, les gens sont assis, discutent... Certains trient les ordures. Mais encore une fois même en étant ici au milieu d'un quartier très populaire aucun agressivité, pas de regard accusateur genre "oh les riches". Tout ce qu'on a entendu c'était des "hellooo, what's your naaame ?"... Bref, balade qui remet quand même bien les idées en place d'autant plus que tout le monde semble avoir le sourire malgré la pauvreté. Je n'ai pas de photos très réussies du coin donc je vous en met juste une pour que vous ayez une petite idée, mais je vous épargne les autres.. Par contre ensuite on a fait un saut à la gare et là encore c'était fou ! Les gens attendent assis par terre, il y en a même qui dorment ! Très loin de l'ordre français !

Quelques enfants dans le dédale de rues dans lequel on s'est perdus.

La gare.

On est retournés manger sur le toit de l'hôtel où on avait pris un verre et avec le soleil qui se couchait c'était vraiment magnifique. On a encore mangé indien (et toujours pas mal au ventre !) et on a gouté notre premier chai. C'est un thé avec du lait et des épices, c'est vraiment très bon. Tout le monde en boit ici, c'est la boisson typique. Petit moment de flippe quand on a été envahi tout d'un coup par des bestioles volantes puisque j'ai décidé de ne pas suivre le traitement contre le paludisme ici à Delhi mais seulement quand je sortirai de la ville... En fait fausse alerte ce n'était pas des moustiques mais des mouches ! On a rencontré un indien qui faisait le soir-même sur ce toit un spectacle de marionnettes avec son fils, on y a donc assisté et on a eu le droit à un passage sur le kamasutra mimé par les marionnettes très explicitement, le tout joué par le fils de 12 ans !!
Le toit où on a mangé au coucher du soleil.

Main Bazar by night, c'est vraiment... le bazar !

Une dernière chose : on rejoignait Samuel, Stéphanie et compagnie à Connaught Place quand... UNE DÉLUGE nous est tombé dessus ! En deux secondes on s'est retrouvées trempées, pataugeant dans la boue. Ce n'est pas la petite pluie fine de France, c'est vraiment le truc qui te trempe en deux secondes. Le plus incroyable c'est la façon dont les indiens réagissent : d'une façon tout à fait naturelle, limite comme s'il ne se passait rien, ils continuent leur petite vie pas du tout effrayés par le fait d'être trempés... Du coup on a fait pareil !

J'ai une dernière anecdote mais je ferai un article spécial pour la raconter. J'ai vraiment l'impression qu'on vit des choses exceptionnelles et limite qu'on évolue dans un monde parallèle. Rien n'est désagréable pour l'instant. J'espère que l'Inde va m'adopter.

samedi 3 juillet 2010

Excursion dans les rues de North Delhi.

Allez, c'est parti pour un nouveau message ! Enfin ne croyez pas que je passe ma vie devant l'ordi en ce moment, hein. Et aussi autre chose : je suis vraiment pas le genre de fille qui sait résumer les choses de façon courte, désolée si c'est super long...
Après le déjeuner on a décidé de sortir un peu de l'appartement pour une première vraie rencontre avec la rue indienne. Stéphanie et Samuel nous on accompagné à un "phone store" pour qu'on puisse acheter des cartes sim et du crédit indien. Le premier dans lequel on est allés n'a pas voulu car on n'a pas encore d'adresse fixe ici, en Inde. On s'est donc rendus dans un deuxième magasin où, cette fois, il n'y a eu aucun problème. Il fallait seulement une photo d'identité (qu'on avait, ouf !) et une photocopie de nos passeports que Samuel et le gérant du magasin sont allés faire ensemble dans le magasin d'à côté. Donc voilà ça y est, j'ai un numéro indien !!!! C'est un grand pas dans ma nouvelle vie indienne je trouve. Ensuite Samuel a voulu nous faire tester une boisson "tipique", c'est dans une bouteille, un espèce de jus assez épais, un peu salé et qui pique --> DEGUEU. Mais bon, au moins j'ai gouté et je sais que je n'aime pas...

Fin de la "sortie accompagnée". Ou presque. Avec Cécile on voulait ensuite aller se promener vers l'université, pour cela il fallait dont qu'on prenne un rickshaw. Seulement les prix se négocient avec le chauffeur avant de partir il faut donc savoir combien ça coûte à peu près, et savoir négocier car parfois les chauffeurs se montrent durs en affaire ! On peut penser que c'est un peu stupide de négocier de 25 roupies à 20 roupies sachant que 5 roupies = moins de 10 centimes !! (D'ailleurs 5 roupies c'est aussi le prix d'une glace ici hmmm) mais bon, la négociation fait partie du truc. Donc ils nous ont aidé pour la négociation et on est montées toutes les deux dans le rickshaw. Et alors là, première sensation de commencer à vivre à l'indienne ! En plus c'est plutôt agréable, finalement les gens ne nous regardent pas vraiment comme si c'était incroyable pour eux de voir des blancs, on ne se sent pas harcelé ni rien, j'espère que cette sensation va continuer. Enfin cela dit on était toutes les deux en mode jupe longue et t-shirt qui cache les épaules donc on se fondait peut-être un peu dans le paysage... Une petite photo que j'ai prise à bord de notre carrosse :


On a visité un peu notre université, Shri Ram college of commerce. C'est très grand, très vert, c'est assez agréable en fait. Il y a plein d'arbre, donc de l'ombre, donc des endroits un peu frais. On est entrées dans un bureau en se disant que tant qu'à être là, autant aller se présenter. On nous a redirigé vers un autre bureau où on a rencontré le directeur et le sous-directeur. On a été super bien accueillies en fait, ils nous avaient pas du tout oublié ni rien. Ils nous ont fait quelques recommandations : "vous serez toujours prises soit pour des riches soit pour des enfants", ils nous ont montré la liste des cours, etc etc mais ils n'avaient pas l'air pressés de conclure quoique ce soit d'officiel donc on doit revenir lundi pour choisir nos cours et officialiser notre inscription. La rentrée est le 21 finalement, et non le 16, alors avec Cécile on commence déjà à penser à une première excursion hors de Delhi.

Mon université pour cette année ! C'est plutôt beau, non ? A l'intérieur ça a l'air plutôt vieux et poussiéreux mais on a vu sur le site internet qu'il y avait une salle internet avec des ordinateurs à... écran plat !! C'est peut-être un signe que c'est pas si vieux que ça en a l'air, finalement.

Au retour on a également pris un rickshaw qu'on a du négocier seules et on a géré comme des pros ! Le premier nous a dit 30 roupies et pas 20 en refusant catégoriquement notre prix donc on est allées en voir un deuxième qui nous a d'abord dit non je prends à 25, puis finalement il a accepté 20 roupies ! Première victoire... On s'est ensuite un peu baladées dans le quartier, on a acheté des trucs, dont des glaces à la mangue à 5 roupies, vous l'aviez compris ! Pour le régime c'est peut-être un peu rapé finalement... Ah oui et hier soir on a mangé notre premier repas indien commandé dans un restaurant pas loin de l'appart' et je n'ai pas été malade, youpi !

Les premières impressions.

Ça y est je suis arrivée à destination. J'étais prévenue qu'il ferait chaud mais je n'avais absolument pas imaginé une chaleur aussi lourde, moite et pesante ! En sortant de l'aéroport ça nous est tombé dessus avec Cécile, c'est assez impressionnant. On a trouvé un pre-paid taxi rapidement et on a pu expérimenter la conduite indienne... Je peux vous dire que ça m'a tout de suite dissuadé d'imaginer un seul instant conduire dans ce pays !! On a emprunté une sorte de périph' de l'aéroport à la ville avec deux voies, mais non les voitures sont entassés les unes sur les autres de sortes qu'elles roulent sur 4 voies au moins, se doublent sans cesse, klaxonnent pour prévenir qu'elles vont doubler et freinent ultra brusquement en collant la voiture de devant, bun oui parce que si tu laisses le moindre espace de libre tu te fais doubler, klaxonner et tout. Le klaxon fait tellement partie du mode de conduite ici que sur les bus il y a marqué "horn please" (klaxonner s'il vous plait) ! En parlant de bus, il y en a plein ici, bon, comme dans toutes les villes en fait, seulement ils semblent plutôt vieux (comme notre taxi !!), ils sont bondés de chez bondés, les gens sont entassés à l'intérieur et les portes ne sont même pas fermées ! A expérimenter, bientôt...


Le trajet jusque chez nos hôtes Samuel et Stéphanie a duré environ 1h30 donc j'ai eu le temps d'écarquiller les yeux. Avec Cécile on n'arrivait plus à s'arrêter de sourire et limite on se pinçait pour réaliser qu'on était bien arrivées ! Et déjà quelle émotion quand l'avion s'est posé sur la piste indienne... Tout ce qu'on a vu en vrac : des voitures, des complètement délabrées, des moches, des luxueuses, beaucoup de motos, des autorickshaw (comme sur la photo (que j'ai piqué sur google) !), des rickshaw (la même mais avec un petit mec qui pédale un vélo pour tirer ses passagers), des vaches, des chiens, des gens en plein milieu du périph', des mecs qui s'arrêtent pour pisser sur le bord de la route, des mecs qui étalent un matelas sur le côté du périph' pour dormir, des vendeurs de jus de fruits ambulants à peu près tous les 100 mètres, en ville j'ai vu un chauffeur de rickshaw qui dormait sur son engin avec les pieds sur le guidon, les fesses sur la selle et la tête sur la banquette ! Et des piétons en masse qui manquent de se faire écraser toutes les deux secondes mais en fait non, pas du tout, c'est normal si la voiture te frôle et te roule limite sur les pieds, pas de panique ! Quoi d'autre ? Ah oui, l'odeur : un mélange de pollution, d'épices et de barbecue. Il ne fait pas très beau, le ciel est gris, il paraît que c'est la pollution. Bref, une sorte de bordel organisé, je ne sais pas trop. J'attends d'en voir un peu plus !

Pour ce qui est des formalités administratives on a décidé avec Cécile de s'y mettre lundi. Aujourd'hui et demain on glandouille et on fait un peu de tourisme. Ensuite on s'attaque à la recherche d'appartement (apparemment pas si compliqué que ça d'en trouver), on va se signaler à l'université (il serait temps qu'ils se rappellent de notre existence puisqu'ils semblent légèrement l'avoir oublié) et on va s'inscrire au FRRO qui est le service des immigrés en gros où on a 15 jours pour aller se signaler.

Voilà voilà en gros mes premières impressions.
Gros bordel, grosse chaleur, un dépaysement ouffissime, de la pauvreté mais est-ce que c'est vraiment de la pauvreté en fait je ne sais pas trop, c'est leur façon de vivre quoi, mais c'est tellement différent de la France (forcément...)... Hier soir je me suis sentie bizarre, genre merde, Joana, dans quoi tu t'es embarquée, t'aurais pas pu choisir plus simple ?! Je me demande si je vais réussir à vivre ici un an, si je vais me plaire. J'attends avec impatience de trouver un appartement. Je pense qu'une fois installé, vraiment installé, on se sent vraiment mieux, au moins un peu chez soi et puis on peut se poser, faire des trucs cool, tout ça.

vendredi 2 juillet 2010

From Riyadh


Premier message... Je suis à Ryad avec Cécile. On n'est pas encore arrivées à destination mais ici, même dans l'aéroport, tout est déjà différent. Dans l'avion déjà le pilote a fait une prière en arabe. Ensuite à l'aéroport les femmes sont voilées, les hommes portent des tuniques et un keffieh sur la tête. Le dessin "femmes" des toilettes est un petit bonhomme voilé et il y a deux salles de prière, une pour les hommes et une pour les femmes. On est déjà contentes d'être là, d'autant que notre avion a eu QUATRE HEURES de retard !! Cela dit ça écourte l'attente à Ryad, où les sièges sont d'ailleurs bien moins confortables qu'à Paris, car on était supposées attendre de 1h du matin à 9h50... Dur ! Je suis plutôt fatiguée mais très impatiente d'arriver enfin à destination ! Un mec de l'aéroport vient de me demander si je captais internet, j'ai dit oui, il s'en est étonné puis est allé voir le mec du snack genre "hé c'est pas normal la fille elle capte internet", donc j'ai peur qu'ils coupent bientôt, alors je me dépêche !

Une première photo : Cécile et Gaël, un mec rencontré à Paris qui va à Delhi aussi, en train de dormir en attendant l'embarquement ici, à Ryad. (Vous pouvez cliquer sur les images pour les voir en plus grand)